
https://open.spotify.com/track/6vco1QREVy81DRKZymHfL2?si=5b31cf0b8a764b68
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L’Ancien Atelier du Chasseur est plongé dans une pénombre stable, sans vacillement. La poussière est épaisse, mais immobile, comme si l’air lui-même refusait de circuler. L’odeur est celle du bois ancien, du cuir sec, et d’un fond métallique — du sang lavé trop souvent.
Rien ne bouge. Rien ne semble attendre. Pourtant, vous avez la sensation étrange que cet endroit se souvient.
Plusieurs armes sont disposées dans l’atelier, appuyées contre l’établi ou suspendues à des crochets. Aucune n’est neuve. Aucune n’est là pour être montrée.
Un pistolet court repose à portée de main. Son métal est terni, rayé par l’usage, la crosse polie par des prises répétées. Dans les rainures, des résidus sombres subsistent malgré un nettoyage soigneux.
Non loin, une hache massive présente un tranchant irrégulier, marqué par le temps et les chocs. La lame a été affûtée de nombreuses fois, sans jamais retrouver un bord parfaitement net.
Une canne élégante, presque anodine à première vue, est posée à l’écart. Son bois est usé par endroits, son mécanisme montre des signes de fatigue. Entre ses segments, de fines marques trahissent des transformations répétées et des usages prolongés.
Un couperet à lame dentelée attire le regard. Ses dents sont émoussées, certaines légèrement tordues. La surface porte des stries profondes, et des ombres brunâtres persistent dans les creux, impossibles à faire totalement disparaître.
Enfin, un outil plus singulier complète l’ensemble, conçu pour projeter une substance brûlante. Son embout est noirci, le métal déformé par la chaleur, et une odeur tenace de métal chauffé s’en dégage encore.
Toutes ces armes ont servi longtemps. Elles ont été éprouvées, réparées, nettoyées, puis réutilisées. Quelqu’un a pris soin d’elles avec une attention presque obstinée, non pour les embellir, mais pour les maintenir en état.